Page 187 - La démocratie économique vue à la lumière de la doctrine sociale de l'Église
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Le Crédit Social et la doctrine sociale, 2e partie 187
des banquiers privés pour leur profit, tel que l’écrit Pie XI dans son
encyclique Quadragesimo anno:
«Il y a certaines catégories de biens pour lesquelles on peut
soutenir avec raison qu’ils doivent être réservés à la collectivité
lorsqu’ils en viennent à conférer une puissance économique telle
qu’elle ne peut, sans danger pour le bien public, être laissée entre
les mains de personnes privées.»
La famille, première société
Le principe de subsidiarité implique aussi que les parents ont
préséance sur l’État, et que les gouvernements ne doivent pas dé-
truire les familles ni l’autorité des parents. Comme l’Église l’ensei-
gne, les enfants appartiennent aux parents, et non à l’État:
«Aussi bien que la société civile, la famille est une société
proprement dite, avec son autorité et son gouvernement propre,
l’autorité et le gouvernement paternel... La société domestique
a sur la société civile une priorité logique et une priorité réelle...
Vouloir donc que le pouvoir civil envahisse arbitrairement jusqu’au
sanctuaire de la famille, c’est une erreur grave et funeste... L’auto-
rité paternelle ne saurait être abolie, ni absorbée par l’État... Ainsi,
en substituant à la providence paternelle la providence de l’État,
les socialistes vont contre la justice naturelle et brisent les liens de
la famille.» (Léon XIII, encyclique Rerum novarum, n. 12-14)
Un salaire pour la mère au foyer
Le dividende du Crédit Social permettrait aussi de reconnaî-
tre l’importance du travail de la femme au foyer en lui versant un
revenu, ce qui est d’ailleurs l’un des points de la doctrine sociale
de l’Église:
«L’expérience confirme qu’il est nécessaire de s’employer
en faveur de la revalorisation sociale des fonctions maternelles,
du labeur qui y est lié, et du besoin que les enfants ont de soins,
d’amour et d’affection pour être capables de devenir des person-
nes responsables, moralement et religieusement adultes, psycho-
logiquement équilibrés. Ce sera l’honneur de la société d’assurer
à la mère – sans faire obstacle à sa liberté, sans discrimination
psychologique ou pratique, sans qu’elle soit pénalisée par rapport
aux autres femmes – la possibilité d’élever ses enfants et de se
consacrer à leur éducation selon les différents besoins de leur âge.
Qu’elle soit contrainte à abandonner ces tâches pour prendre un
emploi rétribué hors de chez elle n’est pas juste du point de vue du
bien de la société et de la famille si cela contredit ou rend difficiles