Page 74 - Sous le Signe de l'Abondance
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4 Chapitre 1
Le crédit réel
Lorsque les Français du XVIIe siècle venaient s’établir sur les
bords du St-Laurent, ils ne se déplaçaient pas sans avoir la confian-
ce qu’ils pourraient vivre dans ce pays. Leur confiance reposait sur
la capacité attribuée au Nouveau-Monde de pouvoir fournir les cho-
ses nécessaires à la vie. C’était le crédit réel du Nouveau-Monde.
Le colon qui va se fixer en Abitibi fait confiance à l’Abitibi. Il
croit que la forêt et le sol abitibiens lui permettront de vivre et d’éle-
ver une famille. C’est le crédit réel de l’Abitibi.
La compétence d’un médecin donne confiance au malade qui
le consulte. C’est le crédit réel du médecin.
Le crédit réel ressort de la capacité de produire des choses ou
des services répondant à des besoins.
Le crédit réel du Canada est la capacité du Canada à produire
et livrer les biens au moment et au lieu où ils sont requis par les
besoins.
Le crédit réel grandit avec le développement de la capacité pro-
ductive du pays. La différence entre le Canada d’aujourd’hui et le
Canada habité seulement par les Peaux-Rouges marque la crois-
sance du crédit réel du Canada au cours de ces quatre siècles.
Le crédit réel, c’est la richesse du pays exprimée en biens et
services possibles.
Le crédit financier
Le crédit financier, lui, est la richesse du pays exprimée en
argent.
Le crédit financier, c’est la capacité à fournir l’argent au mo-
ment et au lieu où il est requis.
Le crédit fait par un marchand à son client est du crédit finan-
cier. Il a confiance d’être payé à terme.
Le crédit fait par un prêteur à un emprunteur est du crédit finan-
cier. Le prêteur a confiance d’être remboursé à terme.
Si le crédit réel porte directement sur des choses, sur des biens
actuels ou facilement possibles, le crédit financier porte sur l’ar-
gent, sur de l’argent dont on attend la présence au moment voulu.
Lorsque les politiciens parlent du bon crédit de la province, ils
parlent du crédit financier, de la confiance que les prêteurs d’argent